La fouille de Wingersheim-les-Quatre-Bans « Schelmengrube » a permis la mise au jour de 236 structures archéologiques réparties sur une surface de 7060 m2. La prescription de fouille était divisée en deux zones : la première, à l’ouest, mesurait environ 6000 m2 et la seconde, à l’est, 1000 m2. Plusieurs occupations se sont succédées sur le site depuis le Néolithique jusqu’à l’époque contemporaine (fig. 1).
La première période représentée remonte à la fin du Néolithique moyen et plus particulièrement à une phase tardive de la culture du Bischheim Rhénan et au Bischheim occidental du Rhin supérieur (BORS), ce qui correspond à un horizon allant d’environ 4300 à 4000 av. J-C. 47 structures ont été datées de cette période et ont été identifiés comme des vestiges d’habitat. Il s’agit de fosses de stockage (fig. 2), de fosses polylobées ou de fosses peu profondes de plan circulaire. Le mobilier mis au jour est d’origine détritique et se compose de tessons de céramique (fig. 3), de faune (fig. 4), d’artefacts lithiques et d’outils en os. Les structures se répartissent essentiellement dans le tiers central de la zone ouest. L’étude céramique a permis d’attribuer certains décors à une phase évoluée du Bischheim Rhénan qui aurait perduré au nord du Kochersberg et qui serait contemporain des débuts du BORS.
La fouille a également mise au jour sept structures du début du Néolithique récent (environ 4000 à 3800 av. J.-C.). Les fosses sont réparties de manière assez lâche sur le site et correspondent aux vestiges d’un habitat. Il s’agit de deux silos et cinq fosses circulaires. Le mobilier découvert dans le comblement est d’origine détritique et a été attribué au Michelsberg ancien du Rhin supérieur et au Michelsberg. La continuité de l’habitat du Néolithique moyen pendant le Néolithique récent est envisageable bien que seules les premières phases du BORS aient été observées sur le site.
La période protohistorique n’est représentée que par la découverte de plusieurs tessons datés de la transition entre le Bronze ancien et moyen et retrouvés hors structure.
Plusieurs siècles après, une nouvelle occupation s’installe pendant la période médiévale. Quatre cabanes excavées (fig. 5) ont été découvertes et témoignent d’une fréquentation du site allant du tout début de la période mérovingienne jusqu’aux environs du Xe siècle. Cette occupation est à mettre en relation avec d’autres vestiges d’habitat mis au jour à environ 200 m à l’ouest du site et avec six sépultures découvertes fortuitement en 1960, à une centaine de mètres au sud de la prescription.
Enfin, les périodes moderne et contemporaine sont marquées par l’implantation sur le site de plusieurs houblonnières et par les traces d’un ancien chemin.