La fouille d’archéologie préventive au 1 chemin du Marais Saint-Gall à Strasbourg a été motivée par un projet de construction d’un immeuble de cinq logements, situé à l’entrée du quartier de Koenigshoffen. Le chantier d’une surface de 183 m² s’est déroulé du 29 janvier au 11 mars 2020 (fig. 1). Il a été réalisé par la société ANTEA-Archéologie, sous la direction d’Adeline Pichot.
Ce site est occupé depuis l’époque antique, plus précisément depuis le IIe siècle, où un puits puis une cave ont été aménagés. S’il n’est pas possible de lier le fonctionnement du puits à d’autres vestiges archéologiques, il se situait probablement dans une cour à l’arrière d’habitations ou d’ateliers.
Après la fermeture du puits, une cave est creusée à son emplacement. Cette dernière a connu deux états différents qui se succèdent au cours du IIe siècle : le premier avec des plots de gravier (fig. 2) qui accueillaient des dés en grès mortaisés et un second, où des tranchées recevaient des parois de bois ou de pierre. Deux sols de sable ont été reconnus, probablement un pour chacun des états.
Un plot de graviers et deux radiers de fondation témoignent de la présence d’un bâtiment qui fonctionnait certainement avec la cave. Un incendie a précipité la condamnation de cet ensemble entre le dernier tiers du IIe siècle et la première moitié du IIIe siècle de notre ère.
Les structures médiévales et modernes mises au jour sont plutôt situées dans la moitié ouest du chantier, avec une zone de concentration de fosses et de caves au nord du site. Ces structures, dont pratiquement aucune n’est complète, correspondent très certainement à différentes phases d’habitation entre le Xe et le XVe siècle.
À l’extrémité ouest, se développe un espace de circulation parallèle à l’actuel chemin du Marais Saint-Gall et au sud, une vaste cave parementée de briques jaunes, coupée par la berme du chantier (fig. 3). Elle a été utilisée entre le XVe et le XVIe siècle.
La période contemporaine est marquée par la mise en place d’un vaste remblai permettant d’exhausser le terrain au niveau des anciennes voies de circulation, probablement afin de préparer l’assise du petit immeuble sur rue et de ses dépendances, ainsi que pour installer le chemin actuel du marais Saint-Gall.
Ce dernier reprend l’orientation des voies plus anciennes, avec un déplacement de quelques mètres vers l’ouest. Ainsi le premier axe de circulation semble avoir glissé vers l’occident au fur et à mesure de ses remaniements.