La commune de Soultz est située dans le Haut-Rhin, à l’entrée de la vallée de Guebwiller, sur le piémont vosgien, à 17 km au nord-ouest de Mulhouse, au pied du Grand ballon et du Markstein. Le site de Soultz « Rue Albert Reinbold » est situé à l’est du village actuel. La fouille a livré 333 structures archéologiques réparties sur une surface de 18654 m². Au moins quatre occupations se sont succédées sur le site (fig. 2).
Les vestiges les plus anciens se rattachent au néolithique ancien (5300-5000 av. J.C.), et plus précisément au rubané moyen. Trois maisons et trois fosses attribuées à cette période se répartissent au nord du paléochenal. Les trois bâtiments sont très mal conservés et cela induit une compréhension limitée de leur architecture (fig. 1). Ils sont néanmoins parallèles, proches les uns des autres (entre 12 et 20 m) et alignés le long du paléochenal. Le mobilier, bien qu’assez pauvre livrent des céramiques qui ont été attribuée à la phase moyenne du rubané comme cela avait été le cas pour une maison découverte lors d’une fouille en 2009 (Logel 2009) à une centaine de mètres vers le nord-est. L’occupation rubanée pourrait donc se prolonger vers le nord-est de la prescription. Une quatrième maison pourrait d’ailleurs avoir existé à l’intérieur de l’enclos 25, mais sa présence est hypothétique et aucune information chronologique ne vient étayer cette hypothèse.
Le site est de nouveau fréquenté au bronze final, mais de manière épisodique puisque les seuls témoins de l’occupation sont deux dépôts en fosse (St. 30A et B) très proche l’une de l’autre situés dans la partie nord-est de la prescription. Les deux dépôts se présentent sous la forme de deux petites fosses peu profondes dans lesquelles des objets ont été déposés. La nature du substrat n’a pas permis une conservation optimale des objets qui ont été retrouvés dans un état de conservation très mauvais. Certains objets n’ont d’ailleurs pu être prélevés. La première fosse (fig. 3) a permis la mis au jour d’un ensemble d’éléments de parures en bronze tel qu’une épingle à tête filiforme enroulée, une épingle à tête globulaire, une applique en or (fig. 4), des éléments de résille en bronze, des anneaux, des fragments d’incisives de castor ainsi qu’une série d’au moins dix-neuf perles en ambre. Plusieurs assemblages peuvent être déduits de la fouille de ce dépôt dont notamment la présence d’un collier de perles en ambre et d’une parure composite (fig. 5). Le second dépôt est moins complexe puisque seulement composé de deux faucilles de type de Langengeisling (fig. 6). La proximité de deux ensembles positionnés à quelques centimètres l’un de l’autre constitue un élément remarquable de cette découverte. La mise en évidence, ses dernières années de plusieurs groupements de dépôts permettent d’envisager l’existence de lieux d’enfouissements multiple. La seconde originalité du dépôt réside dans la composition des vestiges. L’un d’eux ne renvoie qu’aux activités agricoles alors que l’autre consiste en une accumulation d’objet issue d’une parure individuelle.
L’occupation ayant livré le plus de mobiliers se situe durant la fin de la Tène finale. Les études céramiques situent le cœur de l’occupation à La Tène D2b (50-25 av. J-C). L’établissement rural qui se développe dans le nord de la prescription s’articule à l’intérieur d’un fossé d’enclos (figs. 7 et 8). Plusieurs bâtiments d’habitation ou a vocation agricole ont pu être identifiés en son sein. Une grande fosse d’extraction située dans le sud de la prescription a également fourni quelques éléments mobiliers de cette période.
Quelques faibles traces d’occupations sont visibles aux périodes suivantes puisque deux trous de poteaux prouvent une occupation durant la période romaine et une fosse et un fossé attestent d’une occupation au moins au XVe siècle.
Enfin une occupation contemporaine du site est attestée entre autres par la présence de fossés parcellaires et de nombreux drains agricoles. Deux fosses ayant livré du mobilier de la Seconde Guerre mondiale pourraient indiquer une position de défense antiaérienne allemande. Enfin, les restes de deux plots attestent d’une ancienne ligne électrique.