La ZAC Canal constitue une emprise de 7 hectares occupée par des friches suite à l’arrêt des activités industrielles qui s’y déroulaient. La ville de Huningue envisage de réaliser un quartier résidentiel sur une partie des terrains concernée par le projet d’aménagement (création de bâtiments avec sous-sol et peut-être des parkings souterrains). Ce projet d’aménagement a motivé la réalisation d’une fouille d’archéologie préventive sur une surface de 8300 m² divisés en deux zones (3800 m² et 4500 m²). Le décapage fut réalisé sur une surface d’environ 6400 m² (3250 m² pour la zone nord et 3150 m² pour la zone sud).
La fouille a permis de mettre au jour 116 faits archéologiques composés de fosses, de sols aménagés, de fossés, de maçonneries (murs, contreforts, galeries, un four) et de fondations en béton (fig. 1). Bien que le nombre de structures ne soit pas élevé en comparaison avec la surface de décapage, les proportions des maçonneries retrouvées en font un site relativement dense. Seulement trois grandes périodes d’occupation différentes sont présentes sur le site et cela dans des proportions inégales.
La première de ces périodes se compose d’une seule structure consistant en un fossé retrouvé dans la zone de fouille située au sud. Bien que ce fossé n’est révélé aucun mobilier permettant de le dater, sa position stratigraphique indique qu’il se trouve être antérieur à la fortification Vauban réalisée vers 1680/1686. Ce fossé présente une orientation nord-ouest/sud-est et traverse l’emprise de la fouille. Ce fossé n’est donc connu que sur une portion de son tracé.
La majorité des structures retrouvées lors de la fouille correspondent aux différents ouvrages de la fortification de la fin du XVIIe siècle. Ces différents faits archéologiques, et notamment la présence d’un four à briques en meule (fig. 2), nous renseignent directement sur le chantier de construction de la fortification. La fouille a permis l’observation et l’apport d’informations sur les différents types de structures composant le système de défense correspondant à l’une des ailes de l’ouvrage à cornes dit du Haut-Rhin (figs. 3 à 5). L’organisation et la circulation au sein de l’ouvrage ont ainsi pu être appréhendées à l’issue de cette fouille. Cette opération a permis de documenter des structures telles qu’une traverse située sur le chemin couvert et un réseau de galeries souterraines (figs. 6 et 7), qui ne sont pas souvent étudiées dans le cadre de l’archéologie. L’état de conservation des vestiges a également permis de documenter le démantèlement de la fortification de Huningue ainsi que l’emploi d’explosifs pour la destruction de l’ouvrage à cornes.
L’activité industrielle qui s’est implantée par la suite sur le site a fortement impacté le sous-sol et a également participé à la destruction d’une partie des vestiges. Plusieurs structures ont pu être rapprochées de bâtiments installés sur le site à la fin du XIXe siècle. Parmi ces structures figurent des fondations circulaires en béton sur lesquelles se trouvaient les cuves de stockage du dépôt pétrolier.