Le projet d’aménagement d’un lotissement sur la commune de Berstett-Rumersheim « Rue des Acacias » a motivé la réalisation d’une fouille d’archéologie préventive menée à l’automne 2021 sur une surface de 3098 m². La fouille a permis de mettre au jour 136 faits archéologiques. Deux occupations ont été identifiées, la première a été attribuée au Néolithique récent et la seconde à l’époque contemporaine (fig. 1).
L’intérêt principal de ce site est d’avoir livré 40 structures correspondant aux vestiges d’un habitat du Néolithique récent. Les fosses sont réparties de manière relativement lâche sur toute la surface prescrite et aucune limite d’occupation n’a pu être mise en évidence. Neuf structures ont été identifiées comme des silos et huit autres fosses ont potentiellement également été dédiées au stockage. La fouille a aussi permis de mettre au jour deux fosses polylobées dont une présente des dimensions importantes (fig. 2). Ce type de structure est généralement interprété comme des fosses d’extraction de lœss en lien avec la construction de bâtiment. Les autres structures datées du Néolithique récent sont des fosses de plan circulaire ou ovale de faible profondeur. Comme très souvent sur les sites de cette période, aucun plan de bâtiment n’a été reconnu.
Le mobilier mis au jour est relativement abondant et bien conservé (fig. 3). La céramique est la catégorie de mobilier la mieux représentée. Suivent ensuite les ossements d’animaux, les restes de torchis, les artefacts lithiques et les outils en matière dure animale. En plus de ces vestiges de nature détritique, des dépôts de squelettes complets ou sub-complets de jeunes suinés ont également été découverts (fig. 4).
La présence de cet important mobilier détritique tend à prouver que nous sommes bien dans une zone d’habitat. Cette idée est renforcée par la présence de fragments de torchis brulé dans plusieurs fosses. Cependant aucun vestige de bâtiment n’a été mis au jour sur le site. La surface fouillée étant relativement restreinte et les limites d’occupation n’ayant pas été atteintes, il est tout à fait possible que la zone d’habitation se trouve sur une des parcelles voisines. Il est aussi envisageable qu’un bâtiment se trouvait dans la zone libre de toute structure au centre de la prescription. Cette zone, vierge de fosses du Néolithique récent, présente une superficie de plus de 400 m2 pouvant accueillir aisément un ou plusieurs bâtiments. Ces derniers auraient, par conséquent, été peu ancrés dans le sol et aucun vestige n’aurait subsisté.
La série céramique a été attribuée à la culture de Michelsberg (MK III et IV). Elle est issue d’activité domestique et permet de dater l’occupation principale de cette période. Les datations radiocarbones indiquent en revanche que les dépôts de suinés seraient légèrement postérieurs et pourraient indiquer que les dépôts ont été réalisés lors de la phase terminale de l’occupation, voire après l’abandon du site d’habitat.
L’occupation d’époque contemporaine concerne essentiellement des structures liées à la culture du houblon. Sur 55 structures datées de cette période, 49 ont été identifiées comme des fosses d’ancrage de houblonnières.
Le reste des structures mis au jour sur le site n’a pas pu être daté. 10 de ces fosses ont été identifiées comme des chablis et 31 structures ne présentaient pas de morphologie particulière et n’ont livré aucun mobilier.