La fouille du site de Bergholtz Chemin d’Orschwihr s’est déroulée du 08 au 28 juin 2023. Ce chantier, d’une emprise de 1 850 m², a permis la mise au jour d’une petite occupation médiévale. La commune de Bergholtz n’avait jusqu’alors été que peu très touchée par l’archéologie. Aucun indice d’une présence pré ou protohistorique n’avait été mis en évidence. Quelques tessons du IIe siècle avaient été trouvés épisodiquement lors de l’extension des vignobles.
Pour la période médiévale, les sources écrites mentionnaient deux châteaux ou tours :
L’un d’eux (mais on ne sait pas lequel) est conservé dans le paysage sous la forme d’une motte castrale de 40 m de diamètre et de 4 m de haut au 32 rue de l’Église. On sait par ailleurs que l’ancienne église du village et son cimetière ont été déplacés en 1760. Leur emplacement initial est connu grâce à deux opérations archéologiques. La première conduite par K. Gutmann en 1901 (à l’intersection des chemins d’Orschwihr et de Gundolsheim) a mis au jour 11 sarcophages en grès datés de l’époque romane et des tombes en pleine terre dont le nombre n’est pas précisé. La seconde est un diagnostic réalisé par J. Koch au 34 rue de l’Église en 2000. Celui-ci a permis la localisation de l’ancienne église d’une largeur supposée de 5 m et d’une longueur de 15 m minimum. Elle est probablement datée du XIIe siècle. 5 inhumations dont une en coffre ont été mises au jour en périphérie de cet édifice. Les faibles dimensions de cet édifice ont fait dire à J. Koch qu’il s’agit d’une chapelle castrale.
Le site de Chemin d’Orschwihr est situé sur une parcelle jouxtant directement les sites des 32 et 34 rue de l’Église. Nous sommes donc à proximité immédiate de l’église du village et d’une des deux mottes castrales de celui-ci. La fouille a permis de mettre en évidence une implantation qui s’étend du VIIe au XIIIe siècles. Elle se caractérise par la présence de quelques fonds de cabanes et de trous de poteaux qui ne forment pas de plan de bâtiment, ainsi que par un puits. Le peu de mobilier livré par la fouille ne permet pas à ce stade de l’étude de définir un phasage précis du site qui fonctionne sans doute avec la motte castrale conservée à l’ouest de celui-ci.
Le site, abandonné au XIIIe siècle est réoccupé par un bâtiment à partir du XVIe siècle probablement et jusqu’au début du XXe siècle.