Un projet d’extension de la zone d’activité Ouest de la commune de Niederhergheim (Haut-Rhin) a donné lieu à une fouille préventive réalisée par ANTEA-Archéologie entre les mois de juin et septembre 2020. Cette dernière est voisine d’une fouille réalisée en 2012 sur des parcelles adjacentes au nord, au lieu-dit Innere Allmende. L’opération de 2020 fait suite à un diagnostic réalisé par Archéologie-Alsace en 2015 sur plus de 11 ha, au lieu-dit Mittlere Allmende. La fouille préventive a couvert une superficie de 2,5 ha située au sein de la zone diagnostiquée. Au total 431 structures ont été découvertes et seules 29 d’entre elles contenaient du mobilier archéologique (figs. 1 et 2).
Le Néolithique récent
Les premières traces d’occupation humaines sur le site pourraient remonter à une période antérieure au 3e millénaire, bien que les indices soient très ténus.
Le Bronze ancien
La présence humaine est mieux attestée à la charnière des 3e et 2e millénaires, à la période du Bronze ancien. Un ensemble d’habitat est à signaler ici, marqué par la présence d’au moins deux bâtiments sur poteaux (fig. 3), un puits et une fosse. Les bâtiments étroits et allongés présentent une architecture répondant à la définition du type « Eching-Oberau », connu au Bronze ancien dans le sud de l’Allemagne. Un puits probablement contemporain a été mis à jour, en zone basse, à environ 170 m au sud-est de cet ensemble.
Cette occupation est complétée par la présence d’une inhumation en bordure du terrain décapé ainsi que, probablement, d’un petit enclos circulaire de 7 m de diamètre, ouvert au sud. La confrontation de ces données avec celles des fouilles du site Innere Allmende au nord (fouille 2012) permet d’appréhender une certaine organisation spatiale composée, peut-être, de deux « unités d’habitation » distinctes incluant chacune une zone funéraire et une zone domestique matérialisée par des puits et éventuellement des bâtiments (signalons cependant qu’aucun bâtiment de cette période n’a été repéré sur le site de 2012).
Le Bronze final III
Après un hiatus de plusieurs siècles, une nouvelle occupation domestique, circonscrite au nord du terrain décapé, vient s’implanter à partir du Bronze final III. Pour cette période, deux bâtiments sont reconnus (fig. 4), qui diffèrent structurellement des précédents avec un module plus modeste, l’absence de doublement des parois longitudinales et des trous de poteau de plus gros diamètre. L’un d’eux, qui possède un plan complet bien caractérisé, réunit un faisceau d’indices concordant (contexte, comparaisons, multiples datations radiocarbones cohérentes) permettant de l’attribuer avec certitude au Bronze final III. Cette donnée est importante car elle permet de confirmer l’attribution chronologique de certains ensembles régionaux comparables mal datés ou encore d’en réévaluer d’autres.
En outre, ces édifices sont associés à un ensemble de cinq fosses à galets chauffés (fig. 5) dont au moins deux sont disposés parallèlement aux deux bâtiments, ce qui laisse entrevoir une certaine organisation spatiale. Là encore, les données de la fouille de 2012 permettent d’avoir une vision globale de cette occupation qui correspond sans doute à une unité domestique s’étendant sur environ 2 ha. Celle-ci serait composée de bâtiments sur poteaux et de fosses à galets chauffés (fouille 2020) ainsi que d’une fosse polylobée et un puits (fouille 2012). Cette « unité d’habitation », qui prend place dans l’espace compris entre les deux supposées unités d’habitation du Bronze ancien, est en outre associée à une nécropole à enclos circulaire contemporaine de l’habitat comme en témoignent les études de mobilier. Celle-ci est séparée de l’habitat et est disposée à une distance d’environ 200 m au nord-est.
La Tène (LT B-C ?)
Une seule structure pouvant être datée du second âge du Fer est à signaler ici. Il s’agit d’un puits dont le comblement inférieur a livré quelques tessons caractéristiques dont l’attribution chronologique est confirmée par une datation radiocarbone qui couvre la période de La Tène B-C. Cette structure est peut-être à mettre en relation avec les deux structures erratiques de La Tène ancienne découvertes lors de la fouille de 2012 et d’autres lors d’un diagnostic au nord-est du terrain investigué, actuellement sous le bâtiment LIEBHERR.
La période gallo-romaine
Cette période n’est reconnue sur le terrain fouillé en 2020 que par deux structures. La première correspond au prolongement sud d’un linéaire repéré en 2012. Ce dernier avait été interprété comme un fossé bordier d’une petite voie secondaire ou encore d’une limite parcellaire de l’époque romaine. Une fosse située à proximité de ce fossé est également à signaler pour avoir livré du mobilier antique. Il complète cette occupation qui est, à ce stade, difficile de caractériser.
Les périodes modernes et contemporaines
Par ailleurs, les activités agricoles des périodes modernes et/ou contemporaines ont laissé quelques traces comme des fosses diverses ou encore des fossés parcellaires. Ceux-ci correspondent aux divers remembrements qui ont transformé cette zone agricole au courant des siècles derniers.